A propos

Open Sky Museum est un musée à ciel ouvert proposé par l’artiste Eden Morfaux, invité par le groupe de recherche mené par les artistes enseignants Claire-Jeanne Jézéquel, Jean-Gabriel Coignet et Véronique Verstraete.

Open Sky Museum est à la fois une sculpture conçue pour y installer des œuvres et une démarche collective de réflexion sur la notion de musée, la pérennité des œuvres, leur réception et leurs conditions d’apparition.
Il s’agit de créer un musée à ciel ouvert dans un site péri urbain, les œuvres livrées au libre accès des passants devenus visiteurs, sans médiation, sans gardiennage, à la merci du temps et des intempéries.
Construction faite de cimaises et de sols adaptables aux œuvres.

Pas de toiture afin de privilégier la vue sur le ciel.
Pas de portes.
Pas d’ouvertures latérales et par conséquent pas de points de vue sur le paysage alentour et pas de visibilité de l’extérieur ce qui privilégiera l’aspect sculptural de la construction.
Pas d’éclairage afin de profiter des différentes visions diurnes et nocturnes.

Dossier d'images OSM (pdf)
> Communiqué de presse (pdf)


Artistes invités
Erwan Ballan / Charlie Boisson / Etienne BossutNoémie Chauvet / Jean-Gabriel Coignet Baptiste Debombourg / Anne Deleporte / Bertrand Derel / Isabelle Ferreira / Susanna Fritscher / Jeanne Gailhoustet / Franck Gérard / Claire-Jeanne Jézéquel / Pierre Mabille / Anita Molinero Olivier Nerry / François Perrodin / Duncan Pickstock /  Denis Pondruel Bruno Rousselot / Sarkis / Vivianne Van Singer / Vladimir Skoda Emma Turpin / Arnaud Vasseux / Véronique Verstraete Kees Visser.

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« J’ai choisi de réaliser un musée avec un centre, pour mettre au centre les visiteurs ; que nous les invitions à découvrir des œuvres d’art et qu’ils trouvent ici une place qui leur soit consacrée.
 
Le musée a une forme octogonale et concentrique. Avec cette forme, nous avons une circulation qui évite les murs à angle droit, les salles parallélépipédiques. Cela crée une circulation en spirale vers le centre. Les œuvres se trouvent donc bien dans un même espace, l’espace du musée, elles sont toutes ensembles sur les mêmes murs et cela sans rupture. Le musée est constitué d’une enceinte avec une seule entrée. A l’extérieur ou depuis l’extérieur du musée, aucune œuvre n’est visible. Le centre du musée possède une seule entrée, il n’y a aucune œuvre sur les murs, on ne peut voir que le ciel et être en relation à l’autre. Les gens peuvent s’asseoir sur un banc qui fait le tour de la pièce et crée ainsi un vis-à-vis.
 
Le musée n’est pas un labyrinthe, son dessin n’oblige pas non plus à passer par tous les espaces et voir toutes les œuvres, c’est le public qui crée son parcours, sa propre visite.
 
Toutes les œuvres sont accrochées en direction de l’intérieur, dirigées vers le centre. Il n’y a donc aucun vis-à-vis entre les œuvres, quand on regarde une œuvre on ne tourne pas le dos à une autre.
L’accrochage est donc linéaire et continu.
 
Les sculptures sont posées sur des plates-formes qui constituent le sol nécessaire aux œuvres et non un socle. Le mur se couche pour devenir plate-forme. On peut monter sur ces plates-formes et faire ainsi le tour des sculptures. Elles ne sont pas adossées à un mur ou devant un tableau. Une plate-forme crée un espace pour la sculpture dans le mur, les sculptures ouvrent donc à chaque fois une perspective nouvelle dans le musée, un point de vue. Il n’y a pas de sculptures en dehors des plates-formes. Le nombre des plates-formes s’ajuste à la quantité d’œuvres.
 
La forme concentrique offre une grande modularité dans l’ajustement du musée aux œuvres qu’il va recevoir.
En fonction du nombre et de la taille des œuvres, nous pourrons soit diminuer, soit augmenter la taille du musée en ajoutant des murs concentriques ou en modulant l’espace entre les murs.
 
Dans le musée, il n’y a aucun point de vue vers l’extérieur sauf en sortant. Le rapport au paysage est une problématique architecturale, nous n’invitons pas les gens à venir découvrir le paysage mais à simplement voir des œuvres. Les œuvres sont le paysage ; un paysage, c’est le point de vue donné du centre vers la périphérie. Tout autour du musée, le paysage est là, c’est la situation géographique du musée, le musée est lié au paysage par le sol.
 
S’agissant du positionnement des œuvres, les œuvres de chaque artiste seront accrochées sur un seul mur, que ce soit pour la sculpture ou la peinture. On pourra donc par exemple présenter sur un mur des peintures et sculptures d’un même artiste selon le schéma de composition du plan du musée. Les œuvres de grand format seront positionnées sur la périphérie, là où il y a une percée qui donne le plus grand recul.
 
Le musée mesure 42 m de diamètre pour une surface de 1200 m². Les murs mesurent 3 m de haut, les plates-formes 3,75 m x 3,30 m. L’espace entre deux murs est de 4 m. Il compte 8 plates-formes et 15 murs d’accrochage soit 200 ml de cimaise. Si nous réservons un mur par artiste, nous pouvons inviter une trentaine d’artistes.
 
Il n’y a pas d’électricité dans le musée donc pas d’éclairage, ni d’œuvres électriques. Il n’y a aucun mobilier scénographique dans l'espace des œuvres, pas de banc, pas de chaise, pas de socle, pas de barrière, pas de mise à distance, …
 
Enfin, pour le choix des artistes et des œuvres, il n’y a pas le faux prétexte d'un quelconque projet ‘curatorial’ , car il s’agit de la collection d’un musée et non de la réunion d’œuvres pour une exposition collective. Nous n’avons pas à justifier la présence de ces œuvres par une thématique ou des rapprochements formels.
 
Nous présentons uniquement des œuvres d’artistes vivants, c’est la justification de leur présence dans le musée.
C’est un musée qui est contemporain dans sa temporalité, il montre des artistes vivants au moment où il existe.
Les artistes invités donneront des œuvres existantes ou produiront spécialement des œuvres dont ils feront don au musée.

 
Les œuvres disparaîtront avec le musée, rien ne sera conservé. »
 
Eden Morfaux, 2012

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C’est la question de la pérennité, de la circulation, et de la marchandisation des œuvres que pose Open Sky Museum.
Dans le cadre du projet « + de réalité » (exposition au hangar à Bananes, Nantes, 2008 et catalogue, Paris, éditions Jannink, 2009), la réflexion menée entre autres à Marfa, Texas, sur la question des pratiques de l’abstraction s’est cristallisée sur une problématique des liens entre la vie et l’oeuvre de l’artiste minimaliste américain Donald Judd. La fondation Chinati, à Marfa, reste encore aujourd’hui exemplaire de quelques-unes des obsessions qui furent celles de Judd : la question du « contexte idéal », celui que l’artiste élabore pour lui-même et avec ses pairs.
En contrepoint de la figure tutélaire de Donald Judd, les œuvres-manifestes, telles que La Closerie Falbala de Jean Dubuffet, et Le Cyclop de Jean Tinguely et Nikki de Saint-Phalle, accompagnent aussi la recherche sur les processus avec lesquels les artistes tentent de faire de leurs œuvres des mondes.
Au croisement des questions posées par Judd (art, architecture et paysage) et des œuvres emblématiques de Dubuffet et Tinguely, l’œuvre d’Eden Morfaux Open Sky Museum questionne la valeur de l’art, son usage dans l’espace public et sa réappropriation par le public.

Open Sky Museum présente une collection d’œuvres d'artistes invités, prêts à envisager la détérioration, la destruction, l’abandon, la perte de leurs œuvres. En donnant une oeuvre au musée, ils contribuent au projet collectif qui met en question la pérennité, la gratuité, la mémoire, la trace et la disparition de l’art. Les œuvres cesseront en effet d'exister quand Open Sky Museum disparaîtra. La communauté d’artistes qui participera de cette collection éphémère ne revendique ni projet curatorial, ni thématique d'exposition prédéfinis, mais la réinvention du Musée.



Production
Ecole des beaux-arts de Nantes avec le soutien de la Ville de Saint-Herblain, Ville de Nantes, Nantes Métropole et le Ministère de la Culture et de la Communication.

Avec la participation de
Jérémy Knez, Xavier Cormier, Marie Lepine, Estelle Delesalle, Guillaume Jezy, Zoé Alpaerts, Mathilde Kouskoff, Eri Tomonaga...

Remerciements
à tous les artistes donateurs, 

les bâtisseurs acharnés :
Jean-Claude Martin chef de chantier, Zoé Alpaerts, Xavier Cormier, Guillaume Jézy, Jérémy Knez, Marie Lépine, Eri Tomonaga, Noémie Chauvet, Céline Huneau, Charlie Boisson, Cédric Lehman, Elliot Gaillardon, Nicolas Evano

avec le renfort de Virginie Méneret, Alexane Morin, Sarah Wjuniski, Emmanuelle Boccou, Estelle Delesalle, Valérie Lépine
ainsi que de l'équipe de l'école des beaux-arts de Dijon : Tim, Axel, Hugo, Pierre, Jad, Mathilde

les soutiens pratiques et logistique :
Morgane de la Popotte et son camion, Joëlle Martin, Patrick Philippart et ses collègues Charles et Tony, Olivier Humeau et Alexis Raillard de Solution Recyclage, Mme Émilie Dion, Olivier Delavallade et Denis Cantiteau du domaine de Kerguéhennec,

et  Leïla Zerrouki, Véronique Maury, Céline Huneau, Sabine Corbet, Nicolas Rambaud, Philippe Vollet, Mai Tran, Hubert Bernier, André Bossière, Guy Bauza, Marc Dieulangard, Élise Bouvry et toute l'équipe de l'école des beaux-arts de Nantes

et l'équipe du Lycée Livet : Étienne Hélias, Philippe Lhuillier, professeurs, et Florian Cadoret, Kévin Chappaz, Mathieu Guibert, Julien Jeanneau, Antonin Meunier, Philippe Poisson, étudiants, pour l'implantation du musée.

Ainsi que tous les bénévoles d'un jour ou de quelques heures.